10 Bandes Dessinées Incontournables en 2018

Notre rédaction vous a sélectionné les 10 BDs incontournables de l’année 2018, entre science-fiction, récit fantastique, historique ou autobiographique, découvrez les albums qui ont marqué les lecteurs.

L’Arabe du futur, tome 4, de Riad Sattouf (Allary) – sortie le 27 septembre 2018

Parut pour la première fois en 2014, la saga autobiographique de Riad Sattouf ressort enfin après deux ans d’attente avec ce quatrième volet d’une série qui en comptabilisera cinq au total.

Dans ce tome, l’auteur y raconte comme à son habitude avec beaucoup d’humour et de bienveillance la suite de sa jeunesse passée entre la Syrie, la Libye et Paris.

Alors âgé de quatorze ans, Ryad revisite les souvenirs de son adolescence difficiles dans ces pays en conflit. Mais son recul sur les choses et son regard décalé font de chaque situation un prétexte pour s’amuser.

Le Chat du Rabbin, tome 8, Petit panier aux amandes, de Joann Sfar (Dargaud) – sortie le 7 septembre 2018

Il y a seize ans déjà que Joann Sfar a entamé la saga du Chat du rabbin en BD. Son matou matois aux grands yeux

Joann Sfar revient avec ce huitième tome de cette série commencée il y maintenant 16 ans. Plus intimiste que les albums précèdent, celui-ci révèle l’histoire d’un couple de confession religieuse différente qui cherche une solution afin de pouvoir vivre au grand jour leur amour. C’est là qu’entre en jeu le chat aux grands yeux verts. C’est à lui qu’incombe de trouver à l’aide de « Knidelette » que l’on peut traduire par « petit panier aux amandes », la solution pour ce jeune couple. Entre intelligence et subtilité, cette description doucement incisive du rôle des religions dans les sociétés actuelles est parfaitement habillée de dessin chaud et sensuel.

Moi ce que j’aime c’est les monstres Tome 1, de Emil Ferris (Monsieur Toussaint Louverture) – sortie le 23 aout 2018

Dans cette BD au graphisme tout à fait étonnant, Emil Ferris propose pour sa première œuvre un ensemble de textes sur des sujets variés dont le point de vue est celui de Karen, une adolescente des années 1960 à Chicago. Mal dans sa peau, elle s’invente une vie de monstre afin de se détacher de sa condition sociale très pauvre qu’elle partage avec son frère rebelle et sa mère plutôt pieuse. Au fil des pages dont la charte graphique est extrêmement poussée, la jeune femme essaie de résoudre les mystères qui entourent la mort de sa voisine. L’enquête la mènera à découvrir un passé douloureux aussi bien dans l’enfance de cette dame que dans sa propre famille. Le livre reprend les éléments d’un cahier de bord avec de nombreux textes et illustrations jetés au stylo sur des pages lignées, le tout donne un effet incroyablement prenant, comme si l’on avait trouvé le carnet par pur hasard au détour d’une rue.

Après un véritable raz de marée aux État unis, aussi bien accueilli par la critique que les lecteurs, ce roman graphique de plus de 400 pages débarque en France pour notre plus grand plaisir.

ALT-LIFE, de Joseph Falzone et Thomas Cadène (Le Lombard) – sortie le 06 Avril 2018

Depuis plusieurs albums, Thomas Cadène se questionne autour du sens de la vie à l’ère du numérique, des réseaux sociaux en y incluant l’aspect émotionnel des personnes qui les utilisent, leurs désirs et leurs travers. Ici encore, ces sujets d’actualités présentes et futures sont traités de manière concomitante au sein d’un monde ou la réalité et le virtuel s’entrecroisent.

Les deux personnages principaux que sont Josiane et René sont des cobayes d’un nouveau programme qui vise à établir un monde de réalité virtuelle sans limite. Une lente transition va se faire entre le début du programme où les deux êtres se découvrent d’abord physiquement pour laisser place, doucement, au fil du temps à des questionnements philosophiques plus profonds. Questionnez-vous avec eux et réfléchissez à la portée que pourrait avoir un monde en réalité virtuelle.

L’Âge d’or Tome 1, de Pedrosa Cyril et Moreil Roxanne (Dupuis) -sortie le 07 Septembre 2018

Le retour fracassant de Cyril Pedrosa continue de nous enchanter avec la première partie du diptyque l’Âge d’or (Les

Équinoxes, Portugal) écrit avec sa compagne Roxanne Moreil.

Ce récit de fiction nous dévoile un monde d’égalité et de fraternité. À travers une course-poursuite, on est plongé dans un monde en ébullition. Entre un système féodal dominé par des seigneurs et des rois, et des idées politiques qui naissent dans un Moyen-Âge traditionnellement masculin, religieux et guerrier. Mais cette illusion politique commence à gagner les esprits des paysans comme des citadins. C’est dans ce contexte que la psychologie des personnages évolue et s’enrichit, à travers cette histoire où la princesse Tilda, a été déshérité de ces droits après la mort du roi, son père et qui va tout faire pour récupérer le trône.

Les dessins flamboyants notamment par ces lignes et les couleurs brillantes, nous rappellent les visages expressifs de Walt Disney.

Ceux qui restent de Joseph Busquet et Alex Xoül (Delcourt) – sortie le 21 Mars 2018

Que penseriez-vous si vous ne trouviez pas votre progéniture dans son lit avec la fenêtre ouverte et avec aucune explication ? Vous penseriez à un enlèvement n’est-ce pas ? Les parents du jeune garçon on pensait la même chose dans Ceux qui restent d’Alex Xoül et de Joseph Busquet. Mais ce drame s’explique par un acte héroïque de la part du gamin qui va aider une créature magique suite à son appel à l’aide. En effet, l’enfant a répondu sans hésitation, excité par le fait de vivre une aventure extraordinaire et surtout flatté d’avoir été choisi pour être le sauveur d’un peuple fantastique. Le jeune garçon, pensant que son aventure n’a duré que quelques jours revient tout émoustillé.

Ce conte sous forme de drame nous explique le point de vue des parents en détresse qui perdent leurs enfants sans aucune explication.

L’Homme gribouillé, Frederik Peeters, Serge Lehman – (Delcourt) sortie le 17 janvier 2018

L’union Freederik Peeters et Serge Lehman ne nous a pas déçus et nous présente l’Homme gribouillé. En effet, à la suite de la découverte du travail photographique de « Wilder Mann » de Charles Freger a été l’un des éléments déclencheurs de leur collaboration.

L’histoire de l’Homme gribouillé s’inscrit entre leur influence sur leur vie réelle et la puissance des croyances dans l’esprit des hommes. Ce récit haletant, nous offre des scènes familiales qui s’étalent sur 300 pages. Maud la grand-mère éveillée, Betty sa fille une graphiste et Clara la fille de Betty, une adolescente qui conte des histoires.

Le passé resurgit avec des révélations lorsque Maud fait un malaise et se fait agresser violemment par un homme ténébreux.

Ailefroide altitude 3954, de Jean-Marc Rochette et Olivier Bocquet (Casterman) – sortie le 21 mars 2018

Dans cette bande dessinée autobiographique, Jean-Marc Rochette décrit son adolescence passée dans les années 70. Entre sa passion pour l’art, notamment pour Soutine et Rembrandt, et celle de la montagne qu’il découvre avec sa mère puis un camarade. Il s’initie à l’escalade, qu’il pratique de plus en plus intensément sur les parois elles de plus en plus abruptes des massifs de l’Oisan. Cette ode à la montagne autant physique qu’esthétique n’a eu de cesse de conquérir un public toujours plus large, ne contentant non seulement les passionnés de de paysage d’altitude. Aidé par Olivier Bocquet, Jean-Marc Rochette trouve les mots justes pour coller à l’évolution des personnages ainsi que leurs représentations au fil des pages.

Le Prince et la couturière, de Jen Wang- sortie le 02 mai 2018

Sébastien, le jeune héritier belge est à la recherche de sa femme ou plutôt sa famille estime qu’il est temps de trouver une femme de son rang. Pour cela, ils ont organisé un bal où toutes les jeunes filles de familles honorables ont répondu présentes. Toutefois, le prince est tourmenté par son secret. Le soir « Lady Crytallia » revêt ses meilleures tenues pour se rendre dans les soirées mondaines en restant à l’abri des regards. Il est inenvisageable que sa double identité soit révélée.

Jen Wang, autour de nombreux thèmes tels que l’amitié, la différence et la question sur la double identité. Sébastien le prince et sa Francès sa couturière sont exposés dans leurs volontés d’épanouissements professionnels et personnels.

Cette BD avec ces couleurs chatoyantes et plus abouties donne au final un classique avec un fort potentiel et une lecture intergénérationnelle.

Kill my mother, de Jules Feiffer (Actes sud) – sortie le 02 mai 2018

À 89 ans, Jules Feiffer nous propose une histoire qui s’étale sûr près d’une décennie. Entre la ville de Bay City au début des années 1930 et celle d’Hollywood 10 ans plus tard, une pléiade de personnages s’entrecroise dans ce roman graphique au scénario de film noir classique.

Parmi eux, Elsie, assistante d’un détective un peu dépassé, sa fille, mais aussi une femme blonde qui en traque une autre. Des stars de cinéma, des producteurs, des militaires, tout ce petit monde trouve sa place dans ce scénario digne d’un film.

Les dessins accompagnent le récit, plus sombre et chargé lorsque l’intrigue est à son paroxysme, ceux-ci se simplifient quand l’espoir revient.

I kill giants, de Ken Niimura et Joe Kelly (Hi comics)- sortie le 23 mai 2018

« Je traque les géants, je chasse les géants, je tue les géants ! » voilà ce que dit la jeune élève de CM2 Barbara Thorson lorsqu’on lui demande de choisir un métier et d’en parler. Cet enfant habillé d’oreilles de lapin sur la tête à tout le temps le nez plongé dans ces livres et refuse de contribuer à la vie sociale. Ce récit s’apprécie d’autant plus qu’au fur et à mesure que le protagoniste perd pied avec la triste réalité d’une jeune dépressive et harcelée.

Joe kelly à travers une histoire émouvante nous prouve encore que son style est fin et grand public et saura charmer les plus réticents à l’imagerie fantastique.

C’est aussi un succès pour Ken Niimura notamment avec ces dessins accessibles.

Cette BD nous rappelle qu’il est important que les enfants rêvent, qu’il ne faut pas avoir honte de ces rêves et qu’il ne faut jamais continuer de le faire.

Profession du père, de Sebastien Gnaedig, Sorj Chalandon (Futuropolis) – sortie le 08 mars 2018

Cette bande dessinée est l’adaptation du roman autobiographique du même nom de Sorj Chalandon. Il y raconte un père sévère et mythomane qui s’invente une vie d’agent secret pour L’OAS (Organisation de l’armée secrète, pro Algérie française). Au fil de ses mensonges, il enrôle son fils crédule qui se prend lui aussi au jeu au point d’enrôler à son tour un camarade de classe. Une histoire bouleversante, qui pourrait peut-être être un peu dérangeante par moments, si le dessin qui l’enrobe n’était pas si arrondi et doux. Un humour fin, décalé tout en retenue permet de suivre cette histoire bouleversante du début à la fin quelque peu grinçante.

Ted drôle de coco, de Émilie Gleason (Atrabile) – sortie le 20 Juin 2018

Ted est obsédé par sa routine avec sa vie ultra-réglée de bibliothécaire cadencer par des horaires fixes et des rituels. Lever, petit-déjeuner (céréales bien sur), métro (toujours à la même place), travail, burger frites coca à au déjeuner, télé et plat tout prêt le soir rythment son quotidien. Chacune de ses actions cache en réalité une infinité d’autres rituels. Chaque geste est immuablement répété, et il n’y a rien qui change pour ne pas le perturber. Ted possède aussi d’autres singularités qui entravent ses rapports sociaux et ne comprend absolument pas le second degré.

Émilie Gleason, s’inspire de son frère et nous conte la vie d’un être très attachant et touchant dans Ted drôle de coco. Ce récit aux couleurs très pop dépeigne un portrait juste et sensible d’un homme qui sera toujours en marge dans ce monde.

Voilà pour notre sélection de bande dessinée de l’année 2018, en espérant que 2019 nous rapporte encore son lot de bonne surprise. N’hésitez pas à compléter cette liste dans la partie commentaire !